LES FETES

Les fetes - EuphorieMelancolie

“Fêtes nationales ?… Fêtes religieuses ?… Le peuple n’est pas toujours tellement regardant, quant à l’origine de ses joies. Pourvu qu’il s’amuse, il n’en demande pas davantage.” – Francis Blanche

Les fêtes traditionnelles sont attendues avec grande impatience par les enfants mais aussi par les plus grands, un peu moins par les adultes qui réfèrent cela à des dépenses financières plus conséquentes que le reste de l’année. En Normandie, nous continuions à les fêter, à chaque période de l’année. Les repas nous réunissaient, et nous faisions semblant d’être tous heureux. Je pense maintenant que ce n’était qu’une feinte pour ne pas que je puisse voir ce qui se passait vraiment autour de moi. Tout le monde faisait semblant d’aller bien à la maison. Puis avec le temps, nous étions un peu comme les témoins de Jéhovah. Selon eux, les interdictions viennent de la Bible. Les anciens chrétiens ne participaient à ce genre de fêtes et donc les chrétiens modernes devraient s’en abstenir. Nous avons cessé les anniversaires, les réveillons de Noël et le premier jour de l’an. Le dimanche en famille a lui aussi disparu. Toutes les choses fantastiques que j’ai connues en arrivant dans cette campagne, cette magnifique campagne s’envolaient. Fêter l’anniversaire est une fête personnelle où la personne est mise en valeur. Il permet aussi de vérifier la solidité des liens affectifs entre les proches et les amis. Mais nous ne fêtions plus aucun anniversaire, c’est devenu un jour comme les autres. Ma mère devait toujours penser à tout et préparer la soirée, elle en a eu marre. Noël est une fête de famille où tous les membres se réunissent, certaines fois nous le faisions chez ma demi-soeur pour ressouder une famille désunie. Pour les suivants, nous continuions de décorer la maison, mais l’atmosphère était lourde. Mes parents ne s’entendaient toujours pas et se forçaient pour me faire plaisir. Je ne croyais plus au père noël depuis longtemps et tout ce que je désirais c’était cette sensation de famille. Les dernières années, il n’y avait plus de sapin, de guirlandes lumineuses et colorées. Je l’ai passé seule, ce noël, dans ma chambre maquillée et vêtue de ma robe favorite du moment. J’avais mis la table et l’avais décoré. J’ai attendu jusqu’à minuit, mais il n’y avait toujours personne. Mes parents travaillaient dans la nuit à presser les poires ou les pommes. Je me suis sentie abandonnée. Le travail recommençait à passer avant moi, pour mes deux parents cette fois. Et il y a eu ce jour de l’an, l’unique fête où mes parents se sont réconciliés pour un soir. Il y avait un véritable festin. Nous jouions avec des cotillons dorés et argentés, des ballons étoilés, des confettis et nous poussions des cris dans de petites trompettes. Je faisais exploser ma joie en dansant dans la cuisine d’une manière qui ne ressemblait à rien de connu à ce jour, mais j’étais heureuse. Ma mère avait un peu trop bu, et était très joyeuse. Je me demande même si je l’ai déjà vu dans un état de bien être si grand au moins une fois dans ma vie. Tout ne faisait que de s’empirer au fil des années, ma mère, mon père et moi n’étions plus une famille. Ils allaient se séparer, je le savais et je le voulais.

©Elly Clark

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