BONNE ÉLÈVE

Bonne eleve - EuphorieMelancolie

“Je ne retournerai pas à l’école parce qu’à l’école on m’apprend des choses que je ne sais pas !” -Paroles d’enfant

Être une très bonne élève n’est pas forcément être un enfant surdoué, même si les professeurs pensaient le contraire. Je n’étais pas plus intelligente que les autres élèves. Mais d’une certaine façon, je possédais une intelligence différente ; mon mode de pensée, ma perception et mon analyse de l’environnement se distinguaient de la norme. J’avais de très bonnes notes, et cela sans vraiment beaucoup faire d’efforts. J’avais des facilités, comme on dit. J’étudiais seule sans être obligée de le faire. Mes parents n’avaient pas besoin de vérifier si j’avais fait mes devoirs, ils le savaient déjà. Ils se contentaient de signer en bas du carnet de textes. J’ai toujours eu une excellente mémoire visuelle en ce qui concernait les lettres. Je pouvais retenir des textes seulement en les lisant, une fois ou deux. J’apprenais des poésies en moins de cinq minutes. La facilité des cours me déconcertait. Mes parents n’en revenaient pas. Tous mes sens étaient particulièrement développés, surtout pour ce qui concernait l’Art. Toutes les activités manuelles m’enthousiasmaient. J’étais continuellement bombardée par des informations venant du monde extérieur et c’est peut-être aussi pour cette raison que je voulais m’en protéger. Petite, je faisais mes devoirs en regardant la télévision, ce qui ne me gênait pas le moins du monde pour retenir les cours. Je pensais que si ma mère me laissait étudier devant la télévision c’était pour une bonne raison. Laquelle? Je ne sais pas, mais je pense qu’il y en avait une. La seule méthode que j’avais pour étudier était celle que je m’étais imposée, vu que je n’ai pas été surveillé durant toute ma scolarité. Je comptais seulement sur ma mémoire visuelle. Et pour le moment, cela fonctionnait plutôt bien. En grandissant, j’ai commencé à avoir des difficultés à comprendre ce qu’on nous enseignait. Je restais toujours dans les premiers de la classe mais j’avais de plus en plus de mal à assimiler les cours. Apprendre par coeur : quelle facilité! Comprendre ce qui nous a été expliqué était une autre affaire. Là, les disputes père-fille se sont amplifiées par rapport à mes notes. Maintenant, je ramenais des notes bonnes ou moyennes, mais j’essayais de faire de mon mieux, ce que mon père ne comprenait pas. J’étais capable de m’améliorer si je me mettais à travailler sérieusement selon lui. Je n’étais pas d’accord. J’avais besoin d’aide pour comprendre, et relire mes bouquins pendant des heures n’y changeait rien. Je n’ai pas eu cette aide, je ne l’ai pas demandé. Croyant que cela allait passer tout seul, que j’y arriverai bien un jour, j’ai laissé de côté des opportunités qui auraient pu tout changer. Néanmoins, j’admets que j’avais une manière très spéciale de faire mes leçons. Pour le moment, il n’y avait pas grand chose à comprendre, c’était du « par coeur », seulement de la mémorisation. La dernière année du collège a été un peu plus périlleuse pour moi. Je commençais mes devoirs après le repas, vers vingt-deux heures, et je les terminais tard dans la nuit. Alors, je passais des nuits blanches à étudier, à me remuer le cerveau, à essayer de comprendre ce qu’on avait étudié en cours dans la journée, sans y arriver. Je suis restée une personne intelligente, ouverte d’esprit mais qui possède à présent quelques difficultés scolaires.

©Elly Clark

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