LA RELIGION

prayers

« Si Dieu existe, qu’il le prouve et s’il n’existe pas, qu’il ait le courage de l’avouer. »

Malgré mes cris et mes pleurs, personne n’était présent pour m’aider à trouver le chemin de l’apaisement de cette souffrance. Je me suis tournée vers le seul endroit où je me sentais encore protégée de ce monde si cruel : la religion et l’Église. Il règne dans ce lieu un silence léger, et une confiance aveugle de la part de ses croyants. Lorsque je me suis retrouvée juste en face de la porte, j’ai inspiré et expiré un grand coup. La pression s’est évaporée. J’ai parcouru tous les endroits de l’Église, et lorsque j’eus trouvé ma place, je me suis agenouillée en face d’une statuette de Jésus en joignant les mains. J’ai commencé à prier. Le soleil rayonnait à travers les vitraux, et une atmosphère apaisante avait pris le dessus sur mes émotions. A chaque mot prononcé en murmurant, une larme se laissait tomber sur mes joues. Je demandais au Seigneur de bien vouloir m’aider à combattre ce mal qui me rongeait, à bien vouloir m’aiguiller vers un chemin de paix intérieur. Je suis sortie de cette Église, pleine d’espoir. Attendant un signe, je ne quittais pas le ciel des yeux. Puis les jours passèrent et toujours aucune nouvelle. Je me renfermais un peu plus sur moi même. Je n’arrivais plus à me lever le matin pour aller au lycée. Je restai cloîtrée dans ma chambre à réfléchir sur les possibles solutions qui se présentaient devant moi, et tout ce que je voyais c’était la mort. Environ un mois plus tard, je suis retournée à l’Église et j’ai demandé à parler à un prêtre. Je pensais qu’il me comprendrait et qu’il m’aiderait. Tout ce que j’ai reçu de sa part après m’être confiée, c’est un rire aigüe des plus insupportables, des plus blessants. Je n’aurais jamais cru un jour possible que cette personne se retournerait comme cela contre moi, elle aussi. Je suis sortie en pleurs. Et plus jamais, je n’ai remis les pieds dans une Église pour prier. Peu importe ce que les gens pourront dire de moi, mais lorsque nous venons chercher du réconfort dans cet endroit, nous ne nous attendons pas à un rire ou à des moqueries. J’étais en colère contre la Religion, rendant prisonnières des âmes, qui dans leurs délires pensent encore qu’elles trouveront le repos et la paix auprès de cette institution qui n’est rien d’autre qu’un mensonge. J’ai compris par la suite, qu’il ne tient qu’à nous, et à personne d’autre de trouver ce qu’il nous faut vraiment pour le repos de l’âme. Parfois, des simples bonnes actions comme aider une personne à traverser, l’aider à ramasser ses affaires tombées sur le sol, et d’autres petites actions si simples si pures peuvent nous aider à retrouver le sourire pour une journée entière. Aider son prochain n’est pas forcément inné pour tout le monde, mais quand nous faisons un petit effort, nous nous rendons bien compte qu’il est tellement plus rassurant de se sentir utile pour quelque chose ou pour quelqu’un. Et si finalement le sens de la vie n’était pas quelque chose d’unique, mais si c’était à nous de trouver le sens de notre vie ? Par nos actes, par nos mots, nous pouvons, je le pense, trouver notre chemin dans le tourbillon de la vie, et ne pas laisser nos pensées être dominées par des institutions quelles qu’elles soient. Pourtant, je crois en une force bienveillante et apaisante, mais cette force n’est rien d’autre que celle que je possède en moi, et que nous possédons tous dans chacun de nous. Il suffit de la trouver et de s’y référer afin de pouvoir vivre, et d’arrêter enfin de survivre. Cette force, si difficile soit elle à repérer, est dans chacun de vous, j’en suis persuadée.

©Elly Clark.

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