LA SOCIETE

littlegirlteddy_Fotor

“L’homme n’existe que par la société et la société ne le forme que pour elle. ”

– Louis de Bonald

Les murs gris et épais où se tenaient les cours chaque journée, m’obligeaient à passer du temps avec d’autres enfants qui, comme moi, se demandaient parfois ce qu’ils faisaient là. Un peu perdue, mais suivant les règles que la société nous imposait, je m’y conformais. Pour se faire accepter, il faut entrer dans un moule étroit où nous ne pouvons exprimer notre personnalité. La personnalité est, selon le Petit Larousse, un « ensemble des comportements, des aptitudes et des motivations […] dont l’unité et la permanence constituent l’individualité et la singularité de chacun. » Si nous suivons cette définition, c’est notre propre identité qui est bafouée. Que ce soit par rapport à une couleur de peau, des origines, une religion, notre façon de s’exprimer, de s’habiller et j’en passe, ces différences finissent par nous exclure. De petites communautés se créent à l’écart de la plupart des personnes. D’ailleurs, ce moule dans lequel on nous force à nous engouffrer n’est que l’aspect des stéréotypes que nous avons aujourd’hui en tête. Il faudrait que nous soyons comme ci ou comme ça mais la réalité est toute autre. Errant comme une ombre même lorsque le soleil était caché, je continuais ma route semée d’embuches et d’anfractuosités. Les cailloux remués par des coups de pieds, les plaintes et les pleurs exposés au monde entier accompagnaient mon retour vers la maison. Ces soirs-là, je me réconfortais dans les bras de ma mère, qui d’une bonté exemplaire savait ce qui me calmait. C’était le genre de mère qui venait me bercer dans mon landau, ou me border dans mon lit. Ma mère venait me cajoler lorsque je dormais, passant doucement sa main dans mes cheveux. Enfant déjà troublée par une vie où les différences ne sont pas acceptées, je gardais, pour moi-même, tous les rêves qui parcouraient mon esprit. On ne nous laisse pas vraiment le choix, soit on le fait, soit les autres le font pour nous. Quoi qu’il en soit, nous sommes classés dans une catégorie où que nous allions. Il n’y a pas d’échappatoire, même pas une petite sortie dérisoire. Dès le plus jeune âge, on nous force à nous adapter à une société que nous n’avons pas appris à connaitre avec ce que nous avons traversé.

©Elly Clark

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.