L’APPEL A L’AIDE

L'appel à l'aide - EuphorieMelancolie
« Parfois, les appels à l’aide les plus désespérés sont silencieux. » – Harlan Coben

L’automne approchait à grands pas. Les arbres allaient perdre leurs feuilles, qui, en un joli dégradé de couleurs recouvriraient le sol très bientôt. Ces protectrices des baliveaux voleraient dans l’air. Elles voltigeraient s’éparpillant à droite, à gauche comme des âmes délaissées. L’automne est une saison où tout le paysage se transforme. Les couleurs vives de l’été laissent place à une végétation aux tons bruns. Le ciel s’assombrissait au fil des jours.
 Et au fur et à mesure des jours, la souffrance que je portais dans mes entrailles s’accentuait. Je me tordais de douleur. Je n’arrivais pas à me détacher de toutes ces images qui tournaient dans ma tête. J’avais besoin d’aide et vite. Etais-je capable de passer à l’acte quel que soit mon but ; souffrance ou mort ? J’en étais persuadée. Je ne connaissais plus mes limites qui, en réalité, n’existaient plus. Dès les premiers jours de la rentrée, je me suis renseignée pour savoir s’il y avait une infirmière qui exerçait dans le lycée. Ce fut le cas. J’ai donc pris un premier rendez-vous avec elle. Entre angoisse et soulagement, je me suis confiée sur ma vie passée, présente et sur la peur que représentait le futur pour moi. Suite à cela, elle me demanda de venir la voir régulièrement, au moins deux fois par semaine pour entreprendre une surveillance de mon état de santé. Je savais que seule, je n’y arriverai pas. Et je n’avais pas tord. Pendant une bonne demi-heure, l’infirmière-psy m’écoutait, séchait mes larmes et se rendait bien compte que je m’enfonçais dans la pénombre. Je voyais la vie en noir, plus rien n’avait de goût, de senteur ; adieu le plaisir. J’avançais dans le brouillard, je n’avais plus la notion du temps. Je commençais mes devoirs vers minuit pour les finir au petit matin. Le début de la soirée, je la passais à écrire, à dessiner, à ressasser mes idées noires et surtout à essayer de trouver un moyen rapide d’en finir avec ma vie. Je planifiais ma mort dans les moindres détails. Et le lendemain, je partais au lycée complètement exténuée, déçue d’être toujours en vie. Je suivais les cours tant bien que mal, mais au moins j’étais présente physiquement. L’infirmière-psy m’aidait beaucoup. Elle me permettait de me libérer de toutes ces choses que je n’osais dire à personne. Je remontais dans mon enfance, et me remémorais tous les traumatismes que j’ai vécu un par un. J’essayais de trouver d’où pouvait venir ce mal-être, ce qui aurait pu me choquer et/ou me blesser à un point de non retour. Mais rien ne me revenait à l’esprit, rien qui aurait pu être en relation avec ce que je ressentais à ce moment précis. Me sentant complètement impuissante face à cette souffrance, que je pensais avoir moi-même généré, j’avais de plus en plus de difficultés à « vivre ». Je n’étais plus qu’un robot sans énergie, fonctionnant seulement grâce à une batterie de secours, et ne pouvant accomplir que de simples gestes.
©Elly Clark.

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