L’ENFANCE

ChildhoodTeddy

« L’enfance n’est heureuse que parce que, oubliant le passé, n’ayant aucune idée de l’avenir, elle voltige continuellement dans l’étroit sentier du présent, et dit : je vis »
– Madame Necker.

Lorsqu’on nous demande de nous remémorer notre enfance, la plupart du temps ce doux mot résonne dans nos oreilles et réveille mille et un souvenirs. Il est souvent accompagné de nostalgie, et tantôt d’amertume. Mais la nostalgie dont je vous parle est une BONNE nostalgie; celle qui remplit vos yeux de chaudes larmes et qui vous embaume d’exquises senteurs. C’est justement ce sentiment que nous ressentons quand nous nous arrêtons devant la porte d’une chambre où des enfants jouent. Assis face à une fenêtre ouverte et profitant des rayons de soleil que leur offre la douceur d’un été, ces enfants s’amusent à reconstituer une histoire tout juste sortie d’un conte de fée. Ils sont tellement concentrés à jouer qu’ils ne nous voient même pas. Appuyés contre le bâti de la porte, nous les écoutons en silence et les observons le sourire aux lèvres. Nous aimerions tellement pouvoir les rejoindre, et oublier tous les tracas de notre vie. Ils représentent le miroir de notre propre enfance. A travers eux, nous ressassons les images de nous-mêmes, plus jeunes. Nous avons l’impression que le temps s’est arrêté quelques secondes. Absorbés par nos souvenirs, notre vie tumultueuse nous parait lointaine. Pourtant, il y a un monde parallèle, un temps, presque un espace dans lequel nous ne pouvons retourner. Car même si nous avons la possibilité de nous amuser avec eux, leur univers est séparé du notre par une vitre invisible et imbrisable. Nous restons plantés là, en nous interrogeant sur ce que nous ferions, ou pas, si nous avions leur âge. Mais nous n’y arrivons pas. Il n’est pas toujours facile de se remémorer sa propre enfance. Beaucoup de choses ont été occultés de notre mémoire. Nos parents nous aident, par leurs récits, à nous rappeler les bambins que nous étions. Ainsi, nous nous rendons compte que le temps passe à une vitesse incalculable, une vitesse qui nous entraine dans le tourbillon de la vie. Nous en venons facilement à perdre notre ancienne façon de penser, à changer notre vision des choses réelles et irréelles. Nous percevons le monde d’une manière plus crue. Nous savons ce que l’enfant ne sait pas encore. Un enfant est riche de rêves et d’espérances, il ne s’attend pas à ce que la vie puisse se retourner contre lui. Quant à moi, je n’étais qu’une petite fille remplie de joie, croquant la vie à pleines dents et rêvant encore aux légendes populaires. Piégée dans l’innocence, je ne réalisais pas encore ce qui se passait autour de moi. J’ignorais les multiples difficultés de la vie, et je ne pouvais même les envisager.

©Elly Clark

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